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Gounod,
les alpilles et saint remy de provence
Mais
ce sont surtout les Alpilles qui attirent
Gounod, il a laissé, par exemple,
un dessin des carrières que,
chose curieuse, Van Gogh refera un quart
de siècle plus tard, et que Bonaventure
Laurens avait traité vingt ans
avant Gounod...
Il
décrira amoureusement nos collines
à sa femme, s'extasiant sur les
teintes douces et variées qu'elles
prennent suivant les effets successifs
de la lumière, en contraste parfois
saisissants. Il s'assied sur le pliant
qu'il porte toujours avec lui, dans
le Vallon de Gros, qu'il dessine - et,
que, autre coïncidence, Van Gogh
dessinera lui aussi: c'est l'actuel
Vallon qui ferme le Barrage (édifié
en 1891).
Mais
son endroit de prédilection,
c'est le Vallon de Saint-Clerg, car
il y vient presque chaque jour.. Plus
d'une fois il vantera à Madame
Gounod les charmes du vallon: «
Il y a tout près, à vingt
minutes de Saint-Rémy, dans la
montagne, la plus belle vallée
qu'on puisse voir: c'est de la pure
Italie ; c'est même grec. Le temps
a été superbe , le soleil
a coloré de ses plus belles teintes
la campagne et les montagnes qui en
bornent l'horizon; c'était pur
comme MIREILLE ».
Si
bien que, lorsque, quelques mois plus
tard, il aura regagné Paris,
il ne cessera de penser à cet
heureux séjour: «
Si le beau vallon de Saint-Clerg était
quelqu'un, dites-lui que le lui écrirais
», demandera-t-il à Mistral
le 26 octobre 1863.
Et
le 26 juillet précédent,
il écrit: « Ah! le
joli endroit, le délicieux coin
de nature que ce petit pays. J'ai vécu
là-bas près de deux mois,
juste le temps qu'il m'a fallu pour
écrire MIREILLE... J'étais
littéralement grisé de
joie ; les motifs me venaîent
à l'esprit comme des vols de
papillons, je n'avais qu'à étendre
les bras pour les attraper. Combien
j'ai de bonheur à me rappeler
tout cela ! Il me faudrait vous écrire
un volume pour ne rien oublier des délicieux
souvenirs qui sont le nid de ma fidèle
amitié pour vous. Rien n'est
sorti de ma mémoire, entendez-vous
? Rien ! parce que tout est là
dans le coeur, et que là rien
ne meurt... J'ai en moi, lorsque je
pense à vous, à Saint-Rémy,
à notre existence là-bas,
j'ai en moi comme une photographie vivante
d'un Paradis enchanteur... Vous souvenez-vous
de ces heures de délicieuse flânerie,
pendant lesquelles on a l'air de ne
rien faire, et où l'on fait tant
de choses,dont la première est
d'être heureux?»
Mistral,
quant à lui, recevra cette autre
confidence, datée du 8 juillet
1863: « Que n'y suis-je
encore, dans ce Paradis de la Provence
qui a été un véritable
ciel pour moi?... Je ne sais si le vallon
de Saint-Clerg me regrette un peu, et
si, dans cette âme de la nature
que je cherche et que vous possédez,
il y a quelque chose qui se souvienne
de moi; mais je sais que j'y envoie
de gros soupirs et que j'y ai laissé
quelques-unes des plus douces heures
et des plus délicieuses émotions
de ma vie »
Charles
Gounod est né à Paris
le 18 juin 1818 dans un milieu ouvert
aux arts. Remarquable dessinateur, artiste
peintre de talent Son père était
professeur de dessin. Sa mère,
Victoire, autodidacte, jouait remarquablement
du piano. A l'âge de cinq ans,
son père décède
et Victoire doit gérer le foyer.
Elle remarque les dons de Charles et
lui donne des leçons de musique.
A dix-huit ans, il est admis au Conservatoire
de Paris.
Gounod
espère remporter le Grand Prix
de Rome et travaille beaucoup dans ce
sens. Ce Prix permettait au vainqueur
d'obtenir une bourse et d'aller deux
ans à la villa Médicis
de Rome et une troisième en Allemagne
pour y étudier la musique. Il
obtient le second prix en 1837 mais
remporte le premier en 1839 avec une
cantate Fernand. Là bas, il se
passionne pour la musique sacrée
et fait la connaissance de Fanny la
soeur de Mendelssohn. Elle lui fait
connaitre les oeuvres de Bach, Beethoven,
et celle de son frère. En 1841,
toujours grâce à cette
bourse, il effectue un tour des centres
musicaux de langue germanique : Vienne,
Berlin, Leipzig où Mendelssohn
estime hautement Gounod et l'incite
à faire une carrière de
compositeur.. En 1852, Gounod épouse
Anna Zimmermann. Il compose son premier
opéra en 1854 : Sapho et la nonne
sanglante qui est un échec malgré
les éloges de Berlioz. En revanche
ses mélodies et sa musique chorale
rencontre un certain succès.
A la mort de son beau-père, il
s'installe dans une magnifique demeure
à St Cloud. En 1855, la première
de la Messe de Ste Cécile est
donnée.
En
1858, sa mère disparaît
alors que le succès à
l'opéra arrive avec : Le Médecin
malgré lui (1858), Faust (1859),
Mireille (1864), Roméo et Juliette
(1867). Dans Faust, Gounod se montre
d'une sensualité délicate
et très émouvante et il
y révèle un sens théâtral
évident. En 1859, il fait la
connaissance de Wagner qui estime l'homme
mais pense que sa musique manque de
profondeur. En 1870, il compose une
cantate patriotique en réaction
à la guerre contre les prussiens.
Il se réfugie à Londres
à la suite de l'avancée
de l'ennemi. Il y compose quelques cantiques
qui recueillent beaucoup de succès.
Il obtient pour un an la direction du
choeur de l'Albert Hall. A la fin de
la guerre, Gounod reste à Londres,
hébergé et pris en charge
par Georgina Weldon, une chanteuse qui
jouera auprès de Gounod le rôle
d'imprésario et d'infirmière
car la santé du compositeur est
déclinante.
Néanmoins,
il rentre en France en 1874. Il se réconcilie
avec son épouse. Cette affaire
provoquera de nombreux quolibets et
ragots dans les journaux. Il compose
encore pour l'opéra mais sans
l'inspiration d'autrefois (Polyeucte
en 1878). Il se tourne alors vers la
musique sacrée et son oratorio
La Rédemption en 1882 est un
grand succès. Il est à
présent considéré
et honoré.
Frappé
d'une attaque d'apoplexie alors qu'il
compose un Requiem à la mémoire
d'un petit-fils, Gounod s'éteint
à Saint-Cloud le 17 octobre 1893.
Des funérailles nationales ont
lieu à la Madeleine, où,
selon son voeux, une messe en grégorien
est chantée. Gounod demeure à
jamais le musicien de l'amour "dont
l'immense soupir s'en va se perdre à
l'infini ".
De
nombreuses pièces furent très
populaires à son époque.
Gounod, malgré une certaine facilité
dans ses oeuvres lyriques et un certain
"arrivisme", a influencé
de nombreux compositeurs français.
Son Ave Maria reste l'oeuvre la plus
chantée. Ravel considère
Gounod comme le "père de
la mélodie française".
Injustement, une bonne partie de la
musique de Gounod est ignorée
de nos jours....
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